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PORTRAIT - Docteur Pascale Yola Gassant

Je suis le Docteur Pascale Yola Gassant, je travaille à St Damien depuis 2003, mais j’ai commencé avec le service d’oncologie depuis 2004 et je suis responsable de ce service depuis 2006...

J’ai fait mes études de médecine à Cuba ainsi que la pédiatrie. A mon retour au pays en 2001 j’ai d’abord travaillé à l’hôpital Bienfaisance de Pignon de 2001 à 2002 puis en 2003 je suis rentrée à l’hôpital Saint Damien où je travaille à date.

Pourquoi ai-je choisi la spécialité oncologique pédiatrique ? Justement cette spécialité n’existait pas en Haïti, et tout enfant qui avait été diagnostiqué avec le cancer, comme l’a si bien le Dr Gautier dans sa présentation, si les parents de ces enfants n’avaient pas les ressources financières nécessaires pour partir en terre étrangère  proche ou à Cuba, ces enfants étaient condamnés à mourir . Nous avons donc choisi de nous investir pleinement dans cette spécialité justement pour aider les plus démunis à passer ce cap.

En plus du diagnostic et de la prise en charge, le but du programme oncologique à St Damien est d’apporter un soutien psycho social aux familles des enfants ayant un type de cancer. En général nous apportons une lueur d’espoir à ces enfants et à leur famille.

Qu’en serait-il si ce programme n’existait pas ? En Haïti, tous les enfants mourraient…

De 2004 à date (Jan 2017), nous avons eu à peu près accueilli 417 à 420 enfants dans notre service Oncologie.

De ce chiffre, à peu près 30 à 35% sont en rémission et nous avons également  des survivants du cancer.

Nous n’avons pas pu sauver tout le monde car ils arrivent à de stades également assez avancés de leur pathologie. Cependant, nous leur donnons un support, un appui psychologique, moral, physique, on les aide à traverser cette étape difficile.

Effectivement nous avons grandi au niveau professionnel. En 2004 on recevait seulement 3 pathologies cancéreuses surtout les tumeurs solides  comme  le wilms (cette tumeur a un assez bon pronostic), le rétinoblastome et l’hépatoblastome.

Mais à partir de 2010, nous avons élargi notre spectre de diagnostic, nous recevons quasiment toutes les tumeurs, toutes les pathologies cancéreuses sauf les tumeurs cérébrales pour le moment. Cependant, nous sommes en train de travailler pour pouvoir accueillir ce type de tumeur.

En plus de cela, comme l’a dit le docteur Gautier, nous ne ratons aucune occasion de sensibiliser la population parce que jusqu’à présent, les pathologies cancéreuses n’entraient pas dans les diagnostiques différentiels de nos médecins, en plus des problèmes socio economiques, culturels, éducationnels sont toute une panoplie de contraintes empêchant d’aboutir à ces diagnostics.   

L’autre pas que nous avons accompli c’est l’introduction d’une rotation en oncologie à Saint-Damien pour les résidents pédiatriques. Pour le moment, nous recevons les résidents de l’hôpital Saint Damien, de l’hôpital universitaire de Mirebalais, de la Paix.

On a eu un petit garçon, hier justement on l’a vu en consultation, il était venu à son rendez-vous de suivi régulier, c’est un petit garçon qui a maintenant 4 ans, il était venu il avait 17 ou 18 mois, il s’était fait opéré, pas à Saint Damien, dans d’autres hôpitaux de la capitale je pense à deux ou 3 reprises pour une masse abdominale. 

En réalité, c’est un enfant qui avait une tumeur testiculaire, il avait été tellement manipulé qu’il était arrivé à un stade grave de sa pathologie, il avait des métastases pulmonaires et hépatiques, il avait une occlusion intestinale, et lorsqu’il est arrivé dans le service, il a dû bénéficié d’une colostomie, on lui a placé immédiatement après son bilan d’extension, on a démarré la chimiothérapie, il a bien répondu, il a été en salle d’opération où il a subi une deuxième intervention, ce que l’on appelle une chirurgie de deuxième loop pour nettoyer, pour enlever le reste de la masse qui n’a pas pu partir avec la chimiothérapie.

Il a terminé sans complication la chimiothérapie, on a refait l’intégration de la colostomie, il est là avec nous depuis 4 ans à peu près, il est rémission, les parents sont contents, le petit est content, il va à l’école, hier encore il a apporté ses examens, sa sono et sa radiographie de thorax et il n’a rien, il n’a pratiquement rien, il est en rémission complète.

En effet, ce qui nous motive c’est de leur donner le sourire, leur donner l’espoir, leur donner la vie non seulement à eux mais aussi l’espoir aux parents. Parce que dès que l’on dit cancer en Haïti c’est comme un mot qui est comme synonyme de mort. Mais dans la réalité c’est tout à fait différents, c’est une motivation pour eux, c’est l’espoir, c’est l’envie de vivre, l’envie de jouer, l’envie de partager avec tout le staff, donc c’est ce qui nous motive.

03/01/2018

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