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PORTRAIT - Jean Erisnor

J'ai été convoqué en juillet 2011 par Kenson Kaas, directeur national de la garde d'enfants de NPFS et Jean-François Seide, son assistant, deux de mes anciens étudiants de l'école Sainte-Hélène, pour retourner chez NPFS en tant que directeur du FWAL.

Je suis Jean Erisnor. En raison de la situation économique précaire de mes parents, à 17 ans, j'ai abandonné mes études classiques pour entrer dans l'enseignement. Au fur et à mesure, grandissait en moi le désir de faire une carrière dans l’éducation. Je suis donc parti temporairement en juin 1988 pour entrer d'abord au « Brevet » puis à l' « Ecole normale des instituteurs des Petites Sœurs de Sainte-Thérèse » à Hinche. J'ai travaillé chez NPFS Haïti de juillet 1992 à juin 2000 en tant que directeur de l'école Sainte-Hélène, puis j’ai été transféré à l'hôpital pédiatrique Saint-Damien en juillet 2000 en tant que directeur du personnel. En août 2003, j'ai quitté Saint-Damien pour poursuivre mes études universitaires en sciences de l'éducation et en sciences juridiques.

J'ai été convoqué en juillet 2011 par Kenson Kaas, directeur national de la garde d'enfants de NPFS et Jean-François Seide, son assistant, deux de mes anciens étudiants de l'école Sainte-Hélène, pour retourner chez NPFS en tant que directeur du FWAL «Fr. Wasson Angels of Light School ».

La gestion d'une école n'était pas quelque chose que j'avais planifiée, mais j’étais inspiré par ma personnalité, mon sens du devoir et mon sentiment d'appartenance. Je suis un père de 53 ans et j’ai quatre enfants: deux garçons et deux filles respectivement âgés de 28, 22, 19 et 16 ans.

Les enfants de FWAL viennent pour certains des quartiers les plus dangereux et les plus pauvres. Il y a beaucoup d'orphelins, certains viennent d'une famille monoparentale et tous sont issus de familles très pauvres. Il est difficile pour certains d'entre eux de venir régulièrement à l'école en raison de leur situation économique. Ce sont des étudiants très intelligents.

À l'école, nous fournissons un repas chaud par jour aux élèves. Je suis conscient que pour la plupart d'entre eux, c'est leur seul repas, mais parfois ils ramènent de la nourriture chez eux pour leurs frères et sœurs. Ce sont des situations difficiles auxquelles beaucoup de personnes vivant dans ces communautés sont confrontées.

Pour les étudiants qui fréquentent FWAL, nous demandons une contribution annuelle de 60,00 $ US en frais de scolarité. Nous notons que 15% des élèves de l'école voient leurs frais financés par NPFS, 10% paient le quart de la cotisation annuelle, 9% paient la moitié et 14% ne peuvent pas payer la contribution sollicitée. Plus de 50% des étudiants ne peuvent pas obtenir de manuels, et nous devons leur fournir tout le matériel que nous pouvons trouver.

Les bourses sont importantes pour notre programme car elles permettent aux enfants d’apprendre et de ne pas rester dans la rue. Aussi, un tel soutien soulage les parents d'une partie des difficultés financières auxquelles ils sont confrontés chaque jour. Grâce aux bourses, les parents se soucient moins du coût élevé de la vie et ont la possibilité de voir leurs enfants bénéficier d'une éducation de qualité. Cela permet aux enfants des quartiers défavorisés de venir à l’école sans aucun souci.

Nous commençons actuellement un programme appelé Miss FWAL, pour lequel 45 jeunes filles se sont inscrites pour devenir «Miss» de l’école et se voir offrir un ordinateur portable, une gerbe de fleurs et une bourse complète pour l’année prochaine. Les deux finalistes seront récompensées d’une radio boombox et d’une demi-bourse. Les directeurs nationaux ont également prévu de financer un voyage sur une plage voisine pour permettre à 10 finalistes de se détendre. Ces bourses seront importantes pour permettre aux filles de payer leurs études.

Au FWAL, nous avons connaissance de beaucoup d'histoires tragiques alors que nous accueillons toujours plus d'enfants. Par exemple, un petit garçon qui vit actuellement avec sa grand-mère et son grand frère. Sa mère était décédée et son père avait disparu sans laisser de trace. Ce petit garçon vivait dans une pauvreté extrême et n'avait pas assez de nourriture pour manger. Parfois, il arrivait propre à l'école, d'autres jours souillé. Certains jours, il pouvait payer un petit taxi pour l'amener à l'école, certains jours nous ne le voyions pas parce que la marche était trop longue. Ce sont les enfants que nous nous efforçons d'aider : ceux qui ne seraient sûrement pas en mesure d’accéder à une éducation sans l’aide financière que nous sommes en mesure de leur fournir.