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Notre message de Noël

Une lettre spéciale du Père Richard Fréchette...

Chers amis,

Noël est la célébration de la maternité et de l'enfance, la double porte par laquelle Dieu tout-puissant a choisi de venir dans notre monde pour nous conduire à la paix.

Au moment où j'écris ces mots, 84 enfants aux États-Unis, âgés de quelques mois à peine, ou adolescents, viennent d’être libérés d’un réseau de 120 trafiquants d'êtres humains qui ont été arrêtés. Le sort des enfants dans le monde est terrible : enfants esclaves, enfants prostitués, enfants soldats, qui souffrent de la faim, de la maladie et qui meurent, tout cela est décourageant.

Par ailleurs, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés estime qu’il y a 65 millions de personnes qui n'appartiennent à aucun pays (apatrides) ou sont en situation de réfugiées. La moitié d'entre elles sont des femmes et, parmi celles-ci, des millions sont enceintes ou avec de jeunes enfants.

Rappelons-nous de l’élément central de l'histoire de la Nativité : Marie, une jeune fille enceinte, a dû quitter sa maison et emprunter des routes difficiles afin que les Juifs puissent être recensés dans la ville natale de son mari.

Tout de suite après la naissance de son précieux bébé sur une botte de foin, Marie a dû fuir en Egypte et passer des années comme réfugiée, sans quoi son fils aurait été tué par un roi jaloux à Jérusalem.

Ce ne sont pas seulement les arbres magnifiquement éclairés et les doux chants qui rendent Noël familier. Noël est aussi familier à cause de la ressemblance entre l’expérience rude et douloureuse vécue par la Sainte Famille et le tragique quotidien que des millions de femmes et d'enfants vivent aujourd'hui, deux mille ans plus tard.

Très récemment, alors que je traversais Port-au-Prince pour me rendre dans l'une des cliniques des Sœurs de Mère Teresa, une femme très malade sur la route a attiré mon attention.

Au premier coup d'œil, elle semblait jeune, enceinte et avoir beaucoup de problèmes. Deux personnes, aussi jeunes qu'elle, essayaient de la soulever et de l'allonger dans le tap-tap, une sorte de taxi-brousse qui sert ici de transport en commun.

Je me demandais pourquoi ces personnes quittaient un hôpital, au lieu de s’y rendre !

J'ai demandé ce qui s'était passé et on m'a dit qu'il n'y avait pas de place à l'hôpital. J'ai appris qu'ils avaient déjà été refusés dans un autre hôpital et qu’il n'y avait aucune garantie d'un autre endroit où ils pouvaient se rendre.

Je remerciais Dieu qui nous permet de disposer de notre propre service de maternité à l’hôpital pédiatrique de Saint-Damien mais face à l’état de santé de la jeune fille, presque dans le coma, il fallait faire vite. Très vite !

Je renonçais à l’idée de la conduire en ville pour chercher une éventuelle place dans une auberge. Une femme souffrant d'éclampsie n’aurait pas survécu à un tel voyage.

N'ayant pas une seconde à perdre, j'ai payé le tap-tap pour qu’il emmène la jeune fille de toute urgence à Saint-Damien.

André, qui a été élevé dès l'enfance dans notre maison pour enfants en Haïti (et qui a maintenant 25 ans), travaille avec moi. Je l'ai envoyé avec eux pour être l'Ange Gabriel et guider le tap-tap vers le chemin le plus rapide pour se rendre à Saint-Damien.

Pour ma part, j'ai continué ma visite auprès des malades qui m'attendaient de l'autre côté de la ville.

Mon véhicule est une sorte de jeep à quatre roues motrices sans fenêtre. Comme il fait beaucoup de bruit, je n'ai pas entendu la sonnerie de mon téléphone portable en conduisant.

Quand je suis arrivé chez les Sœurs, mon cœur a chaviré : j’avais manqué 13 appels d'André !

Cela ne pouvait pas être une bonne nouvelle : le tap-tap était tombé en panne…

Immédiatement, j'ai foncé sur les lieux, qui étaient à une bonne trentaine de minutes, tout en essayant de téléphoner et d'envoyer une de nos ambulances de Saint-Damien, mais tous étaient en communication.

J'essayais de m’imaginer comment j’allais m’y prendre pour transporter la pauvre fille comateuse dans la jeep.

J'ai aperçu alors un autre tap-tap et je lui ai promis une récompense s'il me suivait en urgence à l'hôpital Saint-Damien.

Nous avons fait le transfert au milieu de la rue, la pauvre mère presque sans vie.

Archange André, débutant dans mon équipe, transpirait et était en panique, tout en étant compatissant.

Arrivés à l'hôpital, la mère, qui avait 17 ans, était dans le coma. Pour traiter l'éclampsie, il fallait accoucher le bébé par césarienne, étant donné qu’il était prématuré.

Une question se posait : où sont la mère ou le père de la maman qui pourrait donner le consentement ?

Le cœur du bébé battait mais il n'y avait pas d'autres mouvements du minuscule corps.

La survie du bébé était improbable en raison de l'âge gestationnel.

Mais sans césarienne, les deux allaient mourir !

J'étais la seule personne possible à pouvoir donner le consentement.

Ce que j’ai fait tout en prenant mon chapelet dans ma poche et en récitant l'annonce de la nativité du Messie.

Le bébé a survécu : ce fut une petite fille.

La mère est sortie de son coma quatre heures plus tard !

Lorsque nous défendons ce qui est juste et vrai, Dieu bénit nos choix.

Lorsque nous nous efforçons de créer des refuges sûrs pour les femmes enceintes en détresse, comme ce que nous faisons à l'hôpital Saint-Damien, et lorsque nous créons des refuges sûrs pour les enfants dans nos foyers dans neuf pays, la bénédiction de Dieu est certaine.

Merci à vous tous pour votre aide continue, qui rend tout cela possible.

Que Dieu vous bénisse à Noël et tout au long de la nouvelle année de grâce.

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Père Richard Fréchette

 

 

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