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TÉMOIGNAGE - Parrainage d’une petite fille

Avez-vous pensé à devenir parrain ou marraine ? Découvrez ce que cela représente et voyez si vous avez envie !

Nous avons adopté notre fils Alexandre en 1991, né au Brésil.

Agée de 44 ans, même si l’envie d’être maman de nouveau était bien présente chez moi, nous avions renoncé à une seconde adoption en fonction, entre autres, de mon âge.

L’idée que mon fils se sentirait moins seul m’avait fait réfléchir et penser qu’un frère ou sœur de cœur, mais resté dans son pays d’origine, aurait pu être pour lui in compagnon de vie et… pour nous, encore de l’amour à donner et à partager.

Nous avions donc contacté une première association de parrainage qui œuvrait avec les enfants Brésiliens et, vraisemblablement, nous allions devenir parrains d’un petit Lucas d’un âge sensiblement identique à celui de notre fils. Des photos échangées, des courriers, un début d’aventure et puis… un beau jour, plus rien ! Nous avions appris plus tard que cet enfant avait été parrainé en fait par une autre famille. Des problèmes administratifs, que je n’ai jamais compris, nous ont empêchés de concrétiser ce projet…

Ma déception a été grande mais, devenue « maman solo », je n’ai pas voulu rester sur cet échec.

Près de chez nous existait une association à Pontault-Combault : ‘Nos Petits Frères et Sœurs’ qui travaillait avec beaucoup de pays. Malheureusement, le Brésil n’en faisait pas partie, mais tant pis, j’ai postulé avec optimisme pour Haïti, pays qui venait d’être ravagé par un grand cataclysme. C’est en 2011 que j’ai reçu la première photo d’une merveilleuse petite fille née en 2004 et prise en charge par l’association depuis 2010.

Cette enfant avait été abandonnée par son père quand elle avait 2 ans et sa mère était hélas décédée lors de la catastrophe de janvier 2010.

La petite était placée chez sa tante qui n’avait ni maison ni travail. Cette dernière, n’ayant pas les ressources nécessaire pour subvenir à ses besoins ni à celles de sa nièce, était venue demander de l’aide au travailleur social pour que ‘Les Petits Frères et Sœurs’ prennent la garde de la fillette et lui trouve un parrainage.

Quand je revois la photo de cette petite fille, âgée de 7 ans, tellement triste et que je la vois aujourd’hui, âgée de 13 ans, si rayonnante et épanouie, je ne peux m’empêcher d’être émue et très heureuse pour elle surtout, mais aussi pour moi car j’avais maintenu ce projet avec ténacité. Nos échanges de courriers, l’envoi de petites attentions et mon soutien mensuel à sa scolarité, font qu’un lien indéfectible et plein de tendresse s’est établi entre elle et moi.

Elle travaille très bien à l’école, a un projet de vie, je crois infirmière ou peut-être davantage. Ces enfants ont conscience qu’une chance leur a été donnée d’avoir un toit, du personnel aimant pour les entourer, de faire des études qui leur permettront peut-être de s’investir, de se motiver pour le redressement de leur pays tellement éprouvé par des catastrophes naturelles à répétition. Quand elle m’écrit, elle me remercie régulièrement avec beaucoup de chaleur et plein d’amour, mais moi aussi j’ai cette chance de correspondre avec elle et de savoir qu’elle est aimée par une « marraine » lointaine.

Ne pouvant être adoptée, elle a dû rester dans son pays, mais je suis heureuse en fait de cette solution pour elle, même si elle comporte un côté aléatoire, on ne peut jamais prédire tout à fait de quoi l’avenir sera fait, mais je suis convaincue que cette adolescente, grâce à nous tous les parrains-marraines de cœur qui leur apportons à distance notre amour et notre soutien, pourra s’épanouir le mieux possible et participer à la construction de la vie économique et sociale de sons pays.

Nous avons rencontré il y a deux ans à Paris des responsables de l’association de Seine et Marne mais également les responsables en Haïti dont le Père Rick Fréchette, médecin et Directeur de l’association en Haïti depuis 1987. Une figure extraordinaire de bonté, de charisme, de bienveillance, dévoué 24 heures sur 24.

Ce médecin prêtre a d’ailleurs écrit un livre très réaliste ‘’Chroniques de l’Innommable’’ sur le quotidien dans ce pays. (Je le conseille)

P.S. Un voyage a été organisé il y a quelques années pour tous les parrains-marraines afin qu’ils rencontrent leurs filleuls sur place. Malheureusement, ce déplacement n’a pu être renouvelé, mais le souhait de voir ma filleule un jour serait pour moi une de mes plus grandes joies !

 

Y.C. 

Parrainer un enfant !