Laurence, Art-thérapeute, en mission en Haïti pour 13 mois dans notre foyer Kay Sainte Hélène à Kenskoff

re laurence
  1. En quoi consiste l’Art-thérapie ?

    L’Art-thérapie permet à une personne de s’exprimer à travers une médiation artistique telle que la peinture, la photo, le collage, le conte, la musique…

    Grâce à la mise en forme, en couleur des émotions, (en psychologie, on appelle ce processus «symbolisation primaire ») la personne va pouvoir entrer dans un processus de transformation, de recréation de ce qui est resté bloqué, figé dans l’inconscient, tel qu’un traumatisme. L’art-thérapie est donc particulièrement utile pour des personnes ayant vécu des troubles ou des chocs psychologiques qu’elles n’ont pas surmontés et pour lesquels il leur est difficile de s’ouvrir consciemment à travers la parole. Ensuite, à partir de sa production, la personne va pouvoir accéder plus facilement à la mise en mot (appelée symbolisation secondaire) de ses préoccupations personnelles et rendre conscient les affects qui était jusque-là irreprésentables.

  2. Pratiques-tu l’art-thérapie de la même façon en France qu’en Haïti ?

    Tous les enfants sont différents. Cependant, après mes premiers 4 mois, mon ressenti est que les enfants en Haïti ont plus de facilité à s’exprimer à travers la danse, le chant, le mime... Ils n’ont pas cette timidité que je peux voir chez nos enfants en France, ils ont au contraire une vraie spontanéité et sont très à l’aise devant une caméra. Je me suis donc adaptée avec ce point fort et j’utilise ici davantage la caméra en tant qu’outil de médiation, notamment au cours des temps de parole en fin d’atelier. Les enfants commentent leurs créations devant la caméra, face à laquelle ils sont vraiment très à l’aise et ceci constitue un élément facilitateur pour déclencher l’expression des préoccupations.

    En revanche, j’ai pu remarquer que les enfants ici ont moins d’aisance à utiliser la peinture en tant qu’outil d’expression. Pourtant, ici à Saint Hélène, il y a des ateliers de peinture. Mais les enfants sont habitués à l’utiliser dans un cadre relevant davantage de l’artisanat que de l’expression personnelle. Ils tendent à reproduire fidèlement le modèle du « maître », plutôt que de laisser libre cours à leur imagination et à se laisser aller à l’abstrait. Expérimenter autrement la peinture dans le cadre des ateliers demande parfois beaucoup de temps. Car en art-thérapie, on ne cherche pas à produire une œuvre esthétique ni à maîtriser une technique. L'essentiel réside dans le cheminement créatif lui-même, permettant à chacun de nos enfants d’exprimer pleinement sa personnalité et ses émotions.

  3. Quel est le moment le plus fort émotionnellement que tu as vécu dans le cadre des ateliers ?

    Nous avons chez nous une petite fille qui a malheureusement été victime d’abus. Un jour, dans le cadre de l’atelier, elle a pris des poupées que nous avons à disposition dans la salle d’art-thérapie. Avec les poupées, elle a reproduit la scène de son agression avec une très forte intensité. J’ai vraiment eu l’impression de revivre avec elle ce terrible épisode de sa vie. Après cela, elle a fondu en larmes puis s’est blottie dans mes bras un long moment. Elle m’a ensuite appelée pour la première fois par mon prénom. Chose qu’elle n’avait jamais faite auparavant. Depuis ce jour, elle me fait comprendre que j’existe pour elle. Elle est également davantage en interaction avec les autres membres du groupe. Elle aime rire et jouer avec eux. Je vois cette petite évoluer de jour en jour et cela est très encourageant !

Anne Lise, coordinatrice de Projets, en mission au Pérou pour 13 mois

re annelise

Bonjour Je m’appelle Anne-Lise Joseph, j’ai 28 ans et j’ai débuté ma mission en tant que Coordinatrice de Projets avec NPFS au Pérou en Janvier 2015 pour une durée de 13 mois. Cela fait à peine 3 mois que je suis ici, j’ai vécu tellement de choses que faire un bilan de mes 3 premiers mois prendrait au moins 10 pages. Ainsi, je préfère résumer mes 3 premiers mois en 5 mots à partir des lettres du P-E-R-O-U.

P comme Partage : Partage des savoirs et savoir-faire dans le cadre de mes fonctions de coordinatrice de projets mais également partager les bons et les mauvais moments qui jonchent la vie de notre grande famille ici au Pérou !

E comme échanges interculturelles. Bien que je parle couramment l’espagnol, le parler avec les Péruviens me vaut de découvrir des nouvelles aspects de cette langue. C’est un réel plaisir d’apprendre des expressions et des histoires de la part des enfants ou encore des Tios et Tias (éducateurs). L´échange culturel ne s’arrête pas au Pérou ! Je partage ma vie également avec 5 autres bénévoles de solidarité internationale, 3 venant d’Allemagne, 1 originaire d’Autriche et la dernière des Etats-Unis. Pendant que des volontaires apprennent ou perfectionnent leur espagnol, j’en profite pour m’initier à l’allemand. Bien que différents de par nos parcours, nos âges, nos cultures, nous avons constitué avec l’ensemble des bénévoles une belle petite équipe bien soudée !

R comme Renaissance. Vivre 13 mois dans un pays inconnu dans lequel on ne connait personne c’est un peu comme repartir à zéro. A 28 ans, on est déjà dans une routine. Passionnée de danse, je m’entrainais près de 6 heures par semaine après le boulot pour ensuite faire des spectacles à raison de 2 à 3 fois par mois. Partir à l’autre bout du monde et « abandonner » son confort et ses passions n’est pas donné à tout le monde. Ce n’est pas évident, mais une fois qu’on le fait, on se sent revivre. On croit partir pour découvrir un autre pays mais en réalité on se découvre soi-même.

O comme ouverture d’esprit. L’ouverture d’esprit est liée en quelque sorte au sentiment de renaissance que je ressens depuis que je suis à NPFS. On se croit toujours plus ou moins ouvert d’esprit mais on se rend compte de notre tolérance, de notre réelle ouverture vers l’autre qu’une fois que l’on sort de son environnement. En terrain inconnu nous sommes relativement en danger car nous ne savons pas ce qu’il peut arriver. Et il nous est difficile d’anticiper par manque de connaissance des us et coutumes du nouvel environnement dans lequel nous évoluons. Me définissant de nature ouverte, j’ai été un peu chahutée sur mes principes de base, ceux qui pour moi sont non négociables. En 3 mois, j’ai par exemple appris à ne pas transposer mes perceptions des choses sur un acte avant d’en avoir tous les éléments.

U comme unique. Je reste persuadée que cette nouvelle expérience que je vis actuellement est unique car je ne pourrais la vivre nulle part ailleurs. 3 mois se sont déjà écoulés et je ne les ai même pas vus passer. J’ai déjà vécu tant de choses avec les enfants, les tios et l’ensemble de l’équipe. Je n’oublierai jamais mon 28ème anniversaire dans ma nouvelle famille. Ce jour-là, tous les enfants m’ont chanté la traditionnelle chanson d’anniversaire dans le comedor (cantine commune). Certains d’entre eux me l’ont même chantée en français !

Il me reste encore 10 mois ici, c’est beaucoup et peu à la fois. Beaucoup parce qu’il me reste encore des merveilleux moments à vivre et à partager avec les enfants. Mais dans le même temps quand les enfants me disent « oh non Tia, je ne veux pas que tu partes dans 10 mois », je me rends compte que moi non plus je ne veux pas quitter ma nouvelle famille !

Camille, kinésithérapeute, en mission en Haïti pour 13 mois

re camille

Ça faisait déjà quelques années que le projet de partir en mission humanitaire me trottait dans la tête.

J’avais plutôt dans l’idée d’aller en Amérique du Sud mais Haïti avait l’avantage de la langue. Le français est en effet la langue officielle et le créole haïtien n’en est pas trop éloigné. Après avoir échangé avec NPFS, j’ai tout de suite accroché à la mission que j’ai directement acceptée. Quelques mois plus tard, je quittais famille, amis, travail et loisirs et j'arrivais en terre inconnue…

Très vite je me suis sentie chez moi. Les membres de l’association Nos Petits Frères et Sœurs sont devenus ma deuxième famille, les autres bénévoles de solidarité internationale, mes amis et colocataires. Mon travail m’offre la chance d’être en contact direct avec les Haïtiens, de pouvoir échanger avec eux et de recevoir leurs sourires et accolades, véritables cadeaux qui éclairent chacune de mes journées.

Les week-ends passés au foyer sont une occasion de plus de se mêler à cette vie si colorée et de découvrir toujours plus la culture passionnante de ce pays. Le tout forme une expérience exceptionnelle et très enrichissante que je recommanderais sans hésiter !

Camille

Sophia, enseignante en République Dominicaine

re sophia

Aujourd’hui, de retour à Paris, j’ai la tête encore pleine des petits bonheurs que j’ai vécus là-bas.
Je partais un peu anxieuse, vers l’inconnu, vers une autre culture, une autre langue, un autre climat. Et j’ai, en effet, parfois souffert de la chaleur, surtout pendant mes cours de danse !

J’ai également dû m'habituer à l’accent dominicain…

Ce petit accent chantant où le –s n’existe plus !

Et cette culture qui allie les sons et les couleurs, où tout le monde crie, chante, danse au milieu des fleurs et des maisons multicolores. Où tout est coloré, chaud et vivant.

Chaque matin, j’étais réveillée par les voix des enfants, leurs cris, leurs jeux. En chemin vers l’école, ils étaient toujours une dizaine à courir autour de nous, à se jeter dans nos bras, à nous prendre par les mains pour courir avec eux, un vrai coup de fouet pour commencer la journée !

La maison que l’on m’avait attribuée était la « Casa Santa Ana », où vivaient les petites de 10-13 ans.

C’était officiellement la maison des danseuses !

Et, pour moi qui venais enseigner la danse, c’était extraordinaire ! On dansait du matin au soir, elles me montraient leurs déhanchés sur de la bachata et du reggaeton, et je leur montrais des petites chorégraphies de flamenco. Toute cette bonne humeur, c’était merveilleux !

Le meilleur moment de la journée, pour moi, était en fin d’après-midi, lorsque les petites rentraient de l’école. Elles allaient directement dans le jardin de leur maison. Certaines jouaient au base-ball, d’autres à 1-2-3 soleil, et d’autres encore dansaient. Je participais à tous leurs jeux et elles étaient ravies de me montrer tout ce qu’elles savaient faire. J’ai appris à jouer au base-ball ! J’ai même appris à les coiffer ! C’était extra !

Avec l’un de mes groupes de danse, et à la demande des enfants, j’ai monté une chorégraphie sur Billie Jean de Michael Jackson. Heureusement que je connaissais des pas ! Je leur ai donc montré le moonwalk, et un autre pas plus difficile qui demandait un petit effort de concentration et de persévérance. Tous les jours, jusqu’au spectacle, des enfants qui ne faisaient pas partie de mes cours venaient me demander de leur apprendre ces pas. Malgré les répétitions, j’ai été obligée de changer le second pas que les enfants ne maîtrisaient pas assez bien. Le spectacle fut une réussite, ils étaient tellement fiers sur scène, et j’étais moi-même tellement fière d’eux ! C’était magique !

Après le spectacle, je suis partie trois semaines en vadrouille à travers tout le pays. Les enfants m’ont beaucoup manqué. Je suis donc revenue à l’orphelinat et ils m’ont fait le plus beau des cadeaux. À mon retour, tous les enfants connaissaient le pas si difficile de MJ. Ils s’étaient acharnés à l’apprendre pendant mon absence et m’arrêtaient à chaque instant de la journée pour me le montrer ! Les enfants de mon cours, beaucoup d’autres que je ne connaissais pas, et bien sûr toute la Casa Santa Ana, se jetaient sur moi dès qu’ils me croisaient pour me montrer ce pas. C’était très émouvant, et tout ceci me toucha énormément. Le plus beau des cadeaux.

Les enfants demandent notre présence, notre attention pleine et entière lorsqu’on est auprès d’eux. Une fois qu’ils sentent qu’ils comptent sincèrement pour nous, ils sont prêts à nous inonder de toute leur affection en retour. Une expérience inoubliable.

Aline, éducatrice au Honduras

re cecile

« Volontaire au Honduras ? Moi, je l’ai fait !

13 mois, je me vois encore le 11 janvier 2005 à Roissy, les adieux difficiles, la peur au ventre…

Vais-je tenir ? 13 mois, c’est long … Aujourd’hui, de retour, j’y repense et je me dis, 13 mois, c’est court !

Une drôle d’impression… Il me semble avoir rêvé le Honduras, comme si j’avais fermé les yeux, le temps de prendre une bouffée d’oxygène à pleins poumons… Quel étrange sentiment… Seul mon cœur me chuchote que j’y suis allée, alors je referme les yeux, le temps d’un instant, et puis je vois… je les vois… les enfants, leurs sourires, je les sens, les entends… des rires, une énergie incessante…

Alors 13 mois, c’est long et court à la fois, mais ça vaut la peine… car l’expérience, elle, demeure graver à vie dans ta mémoire, dans ton cœur…

Casa Suyapa allait devenir ma nouvelle famille le temps d’une année…

A chaque enfant, mes souvenirs…

Au début, je me souviens, ces 65 petits enfants me paraissaient tous identiques, je passais mon temps à les confondre… Il m’en a fallu du temps pour les distinguer… Pourtant aujourd’hui je me dis : « Comment n’ai-je pas vu leurs différences !? » Les prénoms, même chose !

Maintenant, chaque prénom résonne comme un souvenir, une anecdote… un fou rire. Chaque enfant a laissé en moi sa « trace », chacun à sa manière… Et ça, c’est à moi, en moi, pour le comprendre, il faut le vivre. Cela ne s’explique pas.

A tous ceux qui hésiteraient encore…

Nos petits frères et sœurs est une association remarquable qui œuvre pour des milliers d’enfants, de jeunes qui leur offrent une chance de vie contre la survie en échappant à la dure loi de la rue, et qui par ailleurs vous offre la possibilité de vivre une grande aventure. J’ai un grand respect pour toutes ces personnes qui font cette association.

Aussi, je n’ai qu’un mot à dire, si vous hésitez, Allez-y ! Comme visiteur, comme volontaire… Pourquoi ? Non pas pour oublier ou laisser quelque chose derrière-vous, mais plus pour vivre autre chose, connaître un autre monde, découvrir une autre culture, apprendre une autre langue et surtout être utile…

Mais pas utile dans le sens où notre société aurait tendance à l’entendre, sinon dans le sens de donner de sa personne pour s’enrichir soi-même en donnant un peu de son temps, un peu de son amour, pour en recevoir beaucoup… Changer de regard, s’ouvrir à d’autres horizons et lever des barrières que notre imaginaire nous avait imposées.

Merci à tous ceux qui m’ont permis de vivre cette belle histoire.

Pour conclure, cette belle expérience de 13 mois continue et mes souvenirs me combleront jusqu’à ma prochaine visite à NPFS Honduras. »

Cécile, chargée de l’animation et des activités récréatives au Guatemala

Volontaire Cecile 01

10 Septembre 2013 – Guatemala

L’année à NPFS Guatemala fut incroyable. Mon poste, en tant que chargée de l’animation et des activités récréatives, a été une merveilleuse opportunité de joie et de partage avec les enfants de la maison. J’étais présente dans les moments de jeux, de fête, de rires, pour recevoir leurs secrets, leurs joies, leurs peines et leurs idées.

NPFS m’a appris à grandir en tant que personne, à vouloir donner toujours plus, à être plus patiente et plus tolérante. Le travail avec les enfants est parfois difficile. Je me suis donc efforcée de ne pas juger l’environnement dans lequel je me trouvais et j’ai appris de mes erreurs en prenant de la distance…

Les enfants m’ont donné l’énergie nécessaire dans les bons et les mauvais moments. Nous nous communiquions beaucoup d’amour.

Ceci est l’essence même de NPFS : Partager et donner de l’amour mais aussi essayer de donner le bon exemple et être attentifs aux besoins des enfants; Partager avec eux les échecs, les réussites, les angoisses et les enchantements.

J’ai eu la chance d’apprendre à mieux les connaître en passant avec eux des moments en dehors de l’école ou de la routine quotidienne. Ils pouvaient y développer leurs aptitudes créatives ou simplement se reposer après une journée bien remplie.

Enfin, j’ai eu l’opportunité de travailler avec les employés de l’orphelinat, apprendre à les connaître via leur culture, leur vision de la vie – très différente de la nôtre – leurs espoirs et c’était donc un grand honneur pour moi de recevoir leur amitié.

Je remercie de tout mon cœur chaque enfant et personne de NPFS de permettre à cette grande famille d’exister et de m’avoir fait cadeau de m’accepter dans leur vie.

C’est une expérience qui change la vie et que l’on ne peut pas oublier !